Olmo, l'IA qui ruine la magie (et ça fait du bien)

illustration : Arnard ouvre la boîte noire d'Olmo

Vous en avez marre des histoires d’IA qui vont prendre le contrôle de l’humanité ? Ras-le-bol des mystiques convaincus d'avoir aperçu l'âme de Claude ou de ChatGPT dans les recoins d’un nuage de tokens ? Bonne nouvelle : il existe aussi des gens qui veulent juste montrer comment la machine fonctionne. C'est moins magique, mais bien plus efficace pour garder les pieds sur terre.

Ainsi, Ai2, l’Allen Institute for AI, avec Olmo, sa famille de modèles ouverts. Et contrairement à la plupart des big tech, Ai2 n'essaie pas de nous enfumer sur le sens de l'adjectif « ouvert ». Chez eux, tout est réellement consultable : données d’entraînement, code, recettes d’apprentissage, évaluations, checkpoints intermédiaires... On est loin du classique « voici les poids, débrouillez-vous avec ça » des modèles open weight d'OpenAI, Meta ou DeepSeek.

Et dans cette réjouissante transparence, le meilleur morceau s’appelle OlmoTrace.

L'IA qui ouvre la boîte noire

Pour le voir à l'œuvre, il suffit d'aller sur le Playground. Posez une question à Olmo, il vous répondra avec la même assurance lisse que les autres. Jusqu'ici, rien de nouveau. Mais si vous cliquez sur Show OlmoTrace sous la réponse, tout s'éclaire. L'interface surligne des passages de la réponse et vous montre leurs correspondances dans le corpus utilisé pour entraîner l'IA.

Copie d'écran de la fonction Show OLMoTrace

Copie d'écran : dans la zone de droite, OlmoTrace indique les passages de son corpus qui correspondent aux extraits surlignés.

N'allons pas croire qu'Olmo « citerait ses sources ». Il fonctionne exactement comme les autres grands modèles de langage, en alignant bêtement ses tokens selon des probabilités statistiques. La différence, c'est que l'outil de traçage permet de retrouver après coup des passages correspondants dans ses données d’entraînement.

Ça fait que la belle réponse bien tournée est immédiatement renvoyée à ce qu’elle est vraiment : le produit d’une machine entraînée sur des quantités industrielles de textes humains.

Au revoir Eliza !

Reconnaissons-le : ça casse un peu la magie frelatée de ces IA conversationnelles qui ont pris l'agaçante habitude de dire « je », de pérorer sur ce qu’elles prétendent « penser », et même de s’excuser quand on déjoue leurs « hallucinations ». Sans parler de la sycophantie de ces frotte-manche qui nous félicitent lorsqu'elles nous font l'honneur de nous trouver « brillant·es ».

Avec OlmoTrace, Ai2 n'essaie pas de nous faire imaginer qu'il y a quelqu’un derrière l’écran, en vertu d'un effet Eliza boosté à des milliards de paramètres.

En ces temps de buzz de plus en plus effréné où certains nous rejouent l’usine à trombones et où d’autres parlent de modèles prétendument trop incontrôlables pour être lâchés dans la nature, c'est fou le bien que ça fait.

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Transparence charte IA : Ce billet a été rédigé à la main avec un recours très ponctuel à ChatGPT-5.6 Sol pour la relecture. Les opinions exprimées sur ce blog sont les miennes.

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